Psychanalyste Annecy

Pourquoi je culpabilise et me remet en question systématiquement dans mes relations ?


questionnement sur la culpabilité-Julien-Dunoyer

Ce que l'on ignore souvent ou que l'on relaie au second plan, c'est que la culpabilité et la remise en question permanente relèvent amplement de la symptomatologie du traumatisme.

Concernant les symptômes évocateurs des troubles liés à des traumatismes, on note bien sûr un certain nombre de caractéristiques bien répandues de nos jours pour qui s'intéresse à ce sujet.

 

Mais à mon sens il est important pour moi aujourd'hui de notifier le fait que l'extrême culpabilité ressentie par la majeure partie des personnes victimes d'inceste, d'incestuel et de violences sexuelles (entre autre) figure aussi parmi les signes cliniques d'un traumatisme sous-jacent.

Petit rappel des principaux critères diagnostiques (issus du DSM-5) :

  • souvenirs répétitifs et envahissants
  • réactions dissociatives
  • sentiment intense de détresse
  • incapacité de se remémorer les évènements traumatiques (amnésie partielle ou totale)
  • altération négative de l'humeur
  • troubles du sommeil
  • hypervigilance

Cet article n'a pas pour but d'explorer les signes évocateurs du traumatisme dans leur globalité, nous y reviendrons ultérieurement.

Ici je ne traiterais uniquement que du sentiment de culpabilité et de remise en question permanente, dans un but de compréhension de cet état émotionnel que vous expérimentez peut-être actuellement.

Quand on vient d'un noyau familial défaillant et maltraitant, toute notre enfance a été confrontée à la survie et aucune valeur bénéfique dans le sens de la confiance et de l'estime de soi n'a été transmise, bien au contraire.

Votre cerveau a donc été conditionné à ne se focaliser que sur les points noirs de la vie, tourne en boucle toutes les ruminations du passé et ne sait pas comment procéder autrement. Il faut le lui apprendre et c'est exactement ce dont nous allons parler aujourd'hui.

Sortir progressivement de l'extrême culpabilité, c'est ouvrir sa vision sur une porte encore jamais ouverte car elle n'apparaissait pas dans notre angle du vue.

Je vous propose d'étudier 5 phases indispensables pour ouvrir cette porte et cessez enfin de vous remettre en question de manière systématique.

1 - Décrypter la culpabilité : saine versus toxique

Comme je le disais plus haut, le cerveau qui subit des violences de manière répétées dans l'enfance se conditionne à la toxicité.

A l'âge adulte, cela engendre chez l'individu une tendance en 3 temps :

  • la rumination du passé
  • l'angoisse du présent
  • l'anticipation anxieuse de l'avenir

Une première étape primordiale dans la compréhension de cette culpabilité, c'est de prendre conscience qu'elle entre dans le cadre de l'expression d'un mal-être lié potentiellement à de lourds traumas vécus dans l'enfance.

C'est une constatation que je me fais lors de nombreuses séances avec certains de mes patients et patientes, le fait que l'origine de leur mal-être leur est inconnu. Pour certains, ils ne se sont jamais vraiment questionnés sur cette profonde détresse qui est la leur.

Pour la plupart, ils se sont toujours sentis coupable de quelque chose, se sont toujours remis en question et aussi loin qu'ils s'en souviennent, ils ont toujours eu cette tendance à se rabaisser, à se dévaloriser et à se comparer de manière négative voir pessimiste aux autres.

Dans un premier temps, il s’agit donc de prendre conscience que les évènements traumatiques du passé sont à l’origine de notre état émotionnel présent. Tous les blocages psychologiques, toutes les difficultés, toutes les douleurs mêmes parfois physiques se rejouent dans notre présent. Et c’est ce phénomène de répétition année après année qui nous conditionne à anticiper de manière anxieuse le futur.

Culpabilité saine/Culpabilité toxique

Comprenez que le fait de se sentir coupable dans diverses situations du quotidien est un sentiment normal et sain chez tout être humain.

Cette culpabilité met en avant notre qualité d'être empathique et doté d'une conscience de nos valeurs et de notre prochain. Elle se ressent lorsque l'on a enfreint une valeur importante à nos yeux ou encore lorsqu'une émotion n'est pas écoutée à son juste besoin. Ex : culpabiliser d'avoir été blessant ou d'être arrivé en retard à un rdv.

 

La culpabilité devient toxique à partir du moment où elle a trait à des événements et des situations pour lesquels nous ne sommes pas responsables mais que nos croyances et éducations nous ont imposé comme telles.

C'est cette culpabilité qui prime chez les personnes ayant vécu un inceste, un climat incestuel et des violences sexuelles.

2 - Réfléchir au sens de sa vie sans le poids de la culpabilité

Je vous invite ici à prendre un temps de réflexion profonde et d'amener votre conscience a se focaliser sur les forces internes dont vous disposez en répondant à la question suivante :

Comment vous sentiriez-vous sans culpabilité toxique ?

 

  1. Quels bénéfices vous pourriez en tirer ? (mieux être, esprit apaisé, meilleure santé, un but dans la vie…)
  2. Quelles sont les émotions intérieures qui s’expriment lorsque vous y pensez ? (joie, bonheur, sérénité…)
  3. A quelles valeurs, importantes à vos yeux, répond cette envie ? (écoute et estime de soi, connaissance et reconnexion à soi, meilleure communication avec les autres, challenge…)
  4. Qu’est ce qui vous anime au plus haut point ? (transmettre son expérience, ses valeurs, devenir une personne ressource pour les autres)
  5. Quelles actions pourriez-vous mettre en place pour y parvenir ? (travail sur soi, entamer une thérapie…)

3 - Soyez inspiré !

Savoir s'entourer de personnes source d'inspiration pour vous est une formidable voix d'accélération.

 

Listez-vous 2-3 mentors, des modèles inspirants, qui vous donne de la motivation par leur façon de faire, ce qu’ils ont parcouru et intégré pour avancer dans leur vie en dépit de leur vécu, la parole qu’ils transmettent, les enseignements qu’ils vous apportent que ce soit au travers de lectures, de conférences, de séminaires, de vidéos en ligne, de formations ou même de thérapie.

 

Inspirez-vous de ces personnes ressources qui vous apportent des connaissances, des compétences, des idées pour vous redonner de la confiance en soi, de l’estime de soi, de la force de vie et de changement.

 

Il ne s’agit pas d’essayer de leur ressembler mais plutôt d’identifier à travers eux ce qui reflète votre personnalité, vos envies, vos valeurs, qui représente le plus ce à quoi vous aspirez à devenir.

Plus vous serez à leur contact et plus vos systèmes de croyance en seront transformés dans le bon sens du terme.

4 - Entourez-vous !

Choisissez les bonnes personnes présentes pour vous, qui vous apporte soutien, empathie, réconfort et compassion lorsque vous en avez besoin et qui vous motive aussi lorsqu'il le faut.

Ce peut être un(e) conjoint, un(e) ami(e), un membre de votre famille, une association, une communauté sur internet, un groupe de parole, un(e) thérapeute. Toute personne ou opportunité vous permettant de créer un lien fort, puissant, solide et salvateur autour de vous.

Intégrez cette notion de qualité et non plus de quantité et créez du lien social et relationnel selon 4 axes : valorisant, bienveillant, inspirant et résiliant.

5 - Devenez expert de votre résilience !

Vous êtes maitre de votre vie, votre corps, votre mental, votre esprit !

Investissez-vous pleinement dans votre résilience. Souvent et inconsciemment on rencontre des résistances et on peut rester dépendant de notre culpabilité parce que bien qu’elle soit lourde à porter on y trouve quand même du réconfort par habitude. La perspective du parcours pour le changement peut sembler trop énorme.

C'est pourquoi être bien entouré(e) personnellement et thérapeutiquement est si important.

 

Les symptômes du traumatisme sont trop souvent minimisés, relégués à une nonchalance, à une mauvaise volonté, à un manque de motivation.

Comprenez bien que le traitement de la culpabilité et du traumatisme dans son ensemble n'est pas à prendre à la légère. Un vécu incestueux relève de l'ordre d'une enfance traumatique, qui n'a rien eu de normal. Il faut donc tout réapprendre et cela ne se fait pas d'un claquement de doigt.

Cela passe par la compréhension de soi et de son mode de fonctionnement qui ne se place pas dans un schéma du développement identitaire "classique".

Faire du choix de se comprendre une priorité est une étape indispensable à toute reconstruction post-trauma précoce, dont je le rappelle, les problématiques sont profondes et ne peuvent être réduites à de "simples" blessures émotionnelles.

 

Par le Cabinet Caring In-Spire, Psychologue Annecy, Psychothérapeute et Psychanalyste


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